Quelques mots à un autre
On y revient ; il faut y revenir moi-même.
Ce qu’on attaque en moi, c’est mon temps, et je l’aime.
Certe, on me laisserait en paix, passant obscur,
Si je ne contenais, atome de l’azur,
Un peu du grand rayon dont notre époque est faite.
Hier le citoyen, aujourd’hui le poète ;
Le “romantique” après le “libéral”. — Allons,
Soit ; dans mes deux sentiers mordez mes deux talons.
Je suis le ténébreux par qui tout dégénère.
Sur mon autre côté lancez l’autre tonnerre.
Vous aussi, vous m’avez vu tout jeune, et voici
Que vous me dénoncez, bonhomme, vous aussi ;
Me déchirant le plus allégrement du monde,
Par attendrissement pour mon enfance blonde.
Vous me criez : «Comment, Monsieur ! qu’est-ce que c’est ?
La stance va nu-pieds ! le drame est sans corset !
La muse jette au vent sa robe d’innocence !
Et l’art crève la règle et dit : «C’est la croissance !-»
Géronte littéraire aux aboiements plaintifs,
Vous vous ébahissez, en vers rétrospectifs,
Que ma voix trouble l’ordre, et que ce romantique
Vive, et que ce petit, à qui l’Art Poétique
Avec tant de bonté donna le pain et l’eau,
Devienne si pesant aux genoux de Boileau !
Vous regardez mes vers, pourvus d’ongles et d’ailes,
Refusant de marcher derrière les modèles,
Comme après les doyens marchent les petits clercs ;
Vous en voyez sortir de sinistres éclairs;
Horreur! et vous voilà poussant des cris d’hyène
A travers les barreaux de la Quotidienne.
Vous épuisez sur moi tout votre calepin,
Et le père Bouhours et le père Rapin ;
Et m’écrasant avec tous les noms qu’on vénère,
Vous lâchez le grand mot : Révolutionnaire.
Et, sur ce, les pédants en choeur disent : Amen !
On m’empoigne; on me fait passer mon examen ;
La Sorbonne bredouille et l’école griffonne ;
De vingt plumes jaillit la colère bouffonne :
«Que veulent ces affreux novateurs? ça des vers ?
Devant leurs livres noirs, la nuit, dans l’ombre ouverts,
Les lectrices ont peur au fond de leurs alcôves.
Le Pinde entend rugir leurs rimes bêtes fauves,
Et frémit. Par leur faute aujourd’hui tout est mort ;
L’alexandrin saisit la césure, et la mord ;
Comme le sanglier dans l’herbe et dans la sauge,
Au beau milieu du vers l’enjambement patauge;
Que va-t-on devenir ? Richelet s’obscurcit.
Il faut à toute chose un magister dixit.
Revenons à la règle, et sortons de l’opprobre ;
L’hippocrène est de l’eau ; donc le beau, c’est le sobre.
Les vrais sages ayant la raison pour lien,
Ont toujours consulté, sur l’art, Quintilien ;
Sur l’algèbre, Leibnitz ; sur la guerre, Végèce.»
Quand l’impuissance écrit, elle signe: Sagesse.
Je ne vois pas pourquoi je ne vous dirais point
Ce qu’à d’autres j’ai dit sans leur montrer le poing.
Eh bien, démasquons-nous! c’est vrai, notre âme est noire ;
Sortons du domino nommé forme oratoire.
On nous a vus, poussant vers un autre horizon
La langue, avec la rime entraînant la raison,
Lancer au pas de charge, en batailles rangées,
Sur Laharpe éperdu, toutes ces insurgées.
Nous avons au vieux style attaché ce brûlot:
Liberté ! Nous avons, dans le même complot,
Mis l’esprit, pauvre diable, et le mot, pauvre hère ;
Nous avons déchiré le capuchon, la haire,
Le froc, dont on couvrait l’Idée aux yeux divins.
Tous on fait rage en foule. Orateurs, écrivains,
Poëtes, nous avons, du doigt avançant l’heure,
Dit à la rhétorique : — Allons, fille majeure,
Lève les yeux ! — et j’ai, chantant, luttant, bravant,
Tordu plus d’une grille au parloir du couvent ;
J’ai, torche en main, ouvert les deux battants du drame ;
Pirates, nous avons, à la voile, à la rame,
De la triple unité pris l’aride archipel ;
Sur l’Hélicon tremblant j’ai battu le rappel.
Tout est perdu! le vers vague sans muselière !
A Racine effaré nous préférons Molière ;
O pédants ! à Ducis nous préférons Rotrou.
Lucrèce Borgia sort brusquement d’un trou,
Et mêle des poisons hideux à vos guimauves ;
Le drame échevelé fait peur à vos fronts chauves ;
C’est horrible ! oui, brigand, jacobin, malandrin,
J’ai disloqué ce grand niais d’alexandrin ;
Les mots de qualité, les syllabes marquises,
Vivaient ensemble au fond de leurs grottes exquises,
Faisaient la bouche en coeur et ne parlant qu’entre eux,
J’ai dit aux mots d’en bas : Manchots, boiteux, goîtreux,
Redressez-vous! planez, et mêlez-vous, sans règles,
Dans la caverne immense et farouche des aigles!
J’ai déjà confessé ce tas de crimes-là ;
Oui, je suis Papavoine, Érostrate, Attila :
Après ?
Emportez-vous, et criez à la garde,
Brave homme ! tempêtez ! tonnez ! je vous regarde.
Nos progrès prétendus vous semblent outrageants ;
Vous détestez ce siècle où, quand il parle aux gens,
Le vers des trois saluts d’usage se dispense;
Temps sombre où, sans pudeur, on écrit comme on pense,
Où l’on est philosophe et poëte crûment,
Où de ton vin sincère, adorable, écumant,
O sévère idéal, tous les songeurs sont ivres.
Vous couvrez d’abat-jour, quand vous ouvrez nos livres,
Vos yeux, par la clarté du mot propre brûlés;
Vous exécrez nos vers francs et vrais, vous hurlez
De fureur en voyant nos strophes toutes nues.
Mais où donc est le temps des nymphes ingénues,
Qui couraient dans les bois, et dont la nudité
Dansait dansla lueur des vagues soirs d’été ?
Sur l’aube nue et blanche, entr’ouvrant sa fenêtre,
Faut-il plisser la brume honnête et prude, et mettre
Une feuille de vigne à l’astre dans l’azur ?
Le flot, conque d’amour, est-il d’un goût peu sûr ?
O Virgile, Pindare, Orphée ! est-ce qu’on gaze,
Comme une obscénité, les ailes de Pégase,
Qui semble,les ouvrant au haut du mont béni,
L’immense papillon du baiser infini ?
Est-ce que le soleil splendide est un cynique ?
La fleur a-t-elle tort d’écarter sa tunique ?
Calliope, planant derrière un pan des cieux,
Fait doncmal de montrer à Dante soucieux
Ses seins éblouissants à travers les étoiles ?
Vous êtes un ancien d’hier. Libre et sans voiles,
Le grand Olympe nu vous ferait dire : Fi !
Vous mettez une jupe au Cupidon bouffi ;
Au clinquant,aux neuf soeurs en atours, au Parnasse
De Titon du Tillet, votre goût est tenace ;
Apollon vous ferait l’effet d’un Mohican ;
Vous prendriez Vénus pour une sauvagesse.
L’âge — c’est là souvent toute notre sagesse —
A beau vous bougonner tout bas: «Vous avez tort,
Vous vous ferez tousser si vous criez si fort ;
Pour quelques nouveautés sauvages et fortuites,
Monsieur, ne troublez pas la paix de vos pituites.
Ces gens-ci vont leur train ; qu’est-ce que ça vous fait ?
Ils ne trouvent que cendre au feu qui vous chauffait.
Pourquoi déclarez-vous la guerre à leur tapage ?
Ce siècle est libéral comme vous fûtes page.
Fermez bien vos volets, tirez bien vos rideaux,
Soufflez votre chandelle, et tournez-lui le dos !
Qu’est l’âme du vrai sage ? Une sourde-muette.
Que vous importe, à vous, que tel ou tel poëte,
Comme l’oiseau des cieux, veuille avoir sa chanson ;
Et que tel garnement du Pinde, nourrisson
Des Muses, au milieu d’un bruit de corybante,
Marmot sombre, ait mordu leur gorge un peu tombante ?»
Vous n’en tenez nul compte, et vous n’écoutez rien.
Voltaire, en vain, grand homme et peu voltairien,
Vous murmure à l’oreille: «Ami, tu nous assommes !»
— Vous écumez ! — partant de ceci : que nous, hommes
De ce temps d’anarchie et d’enfer, nous donnons
L’assaut au grand Louis juché sur vingt grands noms ;
Vous dites qu’après tout nous perdons notre peine,
Que haute est l’escalade et courte notre haleine ;
Que c’est dit, que jamais nous ne réussirons ;
Que Batteux nous regarde avec ses gros yeux ronds,
Que Tancrède est de bronze et qu’Hamlet est de sable.
Vous déclarez Boileau perruque indéfrisable ;
Et, coiffé de lauriers, d’un coup d’oeil de travers,
Vous indiquez le tas d’ordures de nos vers,
Fumier où la laideur de ce siècle se guinde
Au pauvre vieux bon goût, ce balayeur du Pinde ;
Et même, allant plus loin, vaillant, vous nous criez :
«Je vais vous balayer moi-même !»
Balayez.
Le vide sidéral, écarlate, les couinements de sa gorge nouée. Le regard instable, inopérant, croisement d’épagneul et de truite d’élevage. Cette bouche à l’oblique, bonne à gober quantité de drosophiles trop dociles, peinant à contenir ta langue de pute. Ce nez, excentré, accentué de sourcils désordonnés, se perdant dans les deux trous béants de ces narines retournées, nous révélant le dégoût d’un bouquet de courts poils épais. Une chevelure éparse, grasse, irrégulière, suintant sébum et autres résidus corporels malvenus.
Le visage de ta haine, de ton aigreur contenu, une face rongée par l’envie, viciée par l’avarice. Désert de tendresse, tu es jalousie, tristesse. Lancinante solitude, l’absolu baveux de la commissure de tes lèvres avides.
La dissonance de la gamme, la tâche de vin de table sur ma chemise cintrée. Le parasite mono-cellulaire de ma conscience accomplie, le chewin-gum collé sur la semelle de mes Nike Air. Cette bite flasque et gluante devant l’écran de ta frustration.
Tu es le monde que je porte en horreur, saturé d’aigreur, l’ulcère, le trouble gastrique, la chiasse d’une vie que tu ne saurais mettre à ton profit. Le relent de mauvais alcool, le rot acide et mal odorant, l’haleine chimique, la pluie de postillons acides.
Tu es cette laideur qui me saute à la gueule, étouffante, suffoquante, recouvrant ma figure d’ange de l’abjection de tes traits indélicats. Tu es la tumeur maligne rongeant ce monde, la cellule cancérigène dévorante, vorace, celle qui se goinfre du bonheur des autres, s’appliquant à le déchiqueter avec minutie avant de l’ingérer en rotant, dans un bruyant soupir de contentement sadique.
Sombre connard occidental.
Usant et abusant du peu que tu saurais peser.
La menace à ma tranquillité d’homme civilisé, éduqué, généreux, aimant. Le fantôme de mes heures épanouies, l’horrible sourire en coin du cynique, l’œil lubrique du violeur d’âme, la verge à la main, éructant fielleusement tes jouissances animales.
Tu es le vomis, le rejet, la transplantation avortée du vice sur lui même, l’antécédent à la condition humaine, le non Homme, le contre revendicant dépourvu de considération d’ensemble.
Tu es l’affirmation du mauvais, du rance, du soudoyé, de l’intellect corruptible, la dégueulasse quintessence de l’ombre poisseuse recouvrant d’un suaire crasseux et opaque la lumière astrale.
La pute posant ses fesses sur le pieux de l’infâme.
Inhumanité.
Virilité exrcrémentale.
Ramassis d’os et de chair en décomposition, bourrier lugubre, charnier, fosse commune.
Cimetière de nos espoirs vains, croque-mort vaniteux.
Nauséeux, viscéralement répugnant.
d’un défi à la norme
se définit l’affront
défilent les uniformes
mon mépris sur le front
agonisent les moutons
épris de rébellion
reste des comptes à rendre
peste des comtes à pendre
des contes à s’y méprendre
promptes à se répandre
Se vend la république
pour le sou symbolique
cède tous les principes
et le domaine public
Aux élites dont l’éthique
se délite pour du fric
reste des comptes à rendre
peste des comtes à pendre
des contes à s’y méprendre
promptes à se répandre
qu’ils subissent l’offrande
du poids de mon crachat
intègre pour l’esclandre
l’élégance de mon doigt
allégeance à mon droit
à disposer de moi
reste des comptes à rendre
peste des comtes à pendre
des contes à s’y méprendre
promptes à se répandre
larguez les armes tristes sceptiques
le drame des charmes qui s’émancipent
d’une jupe relevée sur l’évangile
de sein j’enfile va, geins sans style
aux morts la faim manquant de rien
l’essor divin aux creux des reins
le tort coquin remuant soudain
la taille des guêpes de l’essaim
le doryphore est érectile
au corridor des filles faciles
dans les remords des cuisses dociles
se tend le dard au regard vil
sort et s’arrache sans trop d’effort
se tord se crache puis s’endort
tache et s’attache et rentre au port
à l’orée d’une autre chatte au porc
Le vent et la pluie tourbillonnent
écrasant le double vitrage
Au travers des arbres sans feuille
le reflet de mon visage
Ma sale gueule d’anarchiste
entachant le gris des nuages
En contrebas sur un parking
petit oiseau cherche sa place
entre goudrons et buildings
il sautille de flaque en flaque
Des vitrines fluorescentes
Décorées de prix sans valeur
Qui tapinent les chalandes
Eprisent des bonimenteurs
Des rues bondées, nauséabondes
Rue qui refoule du mauvais monde
Des bouches des goûts et des regards
En travers des clochards
Des bêtes à traire et du béton
Des m’as-tu vu qu’en dira-t-on
se distinguant des bons des cons
à la griffe de leur veston
Toisant cet oiseau qu’ils méprisent
de peur qu’il chie sur leur pare-brise
Un défilé de clones marqués
Du style qui sied à leur bovin
Frappé du sceau républicain
Au fer rouge des marchés
Gerbent vagues de consommables
À l’orée des grandes enseignes
Morcelées de logos minables
Se pressent l’avarice et la haine
Un peu plus loin à l’horizon
les rapaces ont pris position
s’appropriant chaque goutte d’eau
qui ruisselle sur mes carreaux
Ses deux pommettes saillantes
Supportent son regard envieux
Qu’il porte sur la vie de ceux
Qui d’avis l’ont différente
Sa bouche et son menton pointu
Clament haut et fort ses vertus
Quand sa conscience reste pendue
A quelques écus à quelques culs
Le nez au milieu de la figure
Pour bien ressentir les flatteries
Les sinus remplis des ordures
Qu’il respire avec mépris
Sa tête surfaite fais sa recette
Les ingrédients font ses conquêtes
Mais lui parler pas de partage
Du gâteau de l’esclavage
Sur ses épaules étriqués
Repose l’unique Vérité
Celle qui fait foi, celle qui fait loi
Écrite au sabre de ses émois
Au creux de ses bras généreux
Se débat Dame justice
Contrainte de force à son étreinte
Pour des ébats non consentis
Les quelques poils de sa poitrine
Recouvrent un petit coeur fragile
Qui s’acharne sous caféine
A faire tourner la machine
Quelques litrons superflus
Comblent son ventre rebondi
S’appliquant sans réussite
A satisfaire son appétit
Ses fesses plates sont marquées
Du cuir de son canapé
L’habitude d’offrir au marché
Ses heures de passivité
Ses jambes de sédentaires
Ont pris goût à la cavale
Sans avancer d’un centimètre
En transpirant dans un bocal
Ses pieds servent à accélérer
Jusqu’à la boutique d’à coté
Sans plus jamais toucher la terre
Qu’il souille au delà des mers
Son allure civilisé
Sait brillamment faire illusion
Derrière sa posture avisée
S’étendent les champs de coton
Sur son front fier et conquérant
Dégoulinant d’bons sentiments
Passe le revers de sa main d’fer
Tachée de sang et de viscères
Pointant l’reflet d’son ignorance
De son amnésie sélective
Sur le miroir d’sa suffisance
Dessine un sourire hypocrite
Sous le charme convaincu
De ses propres airs supérieurs
Il maquille son vécu
Ses génocides et ses horreurs
Cette mèche brune pailletée de gris
Surlignant les p’tits yeux vicieux
D’un toutou docile et soumis
A qui lui graissera le creux
Des ses sales pates de bâtard
Bavant aux pieds des pouvoirs
Abusant de flagornerie
Il sert la soupe des lobbys
A des bouches prêtes à tout gober
Quand vient l’heure du souper
Paré de son sourire en coin
Faisant du gringue aux caméras
Il renifle tous les arrière-trains
Qui paradent en culottes de soie
Engageant le prolétariat
A craindre pour le peu qu’il a
Abusant de flagornerie
Il sert la soupe des lobbys
A des bouches prêtes à tout gober
Quand vient l’heure du souper
Sur une zone de désespoir
soufflent maux et vents par rafales
dans le tourbillon de l’Histoire
s’envolent paperasses syndicales.
Au gré du claquement des banderoles
contre la taule déjà rouillée
résonnent parole de Guignol
solidarité étranglée.
Pendant ce temps sur un plateau
Parisot au banquet des porcs
exigeant sa part du gâteau
nous implore de faire un effort.
Gavons la panse patronale
du désastre environnemental
satisfaisons les insatiables
de l’appétit des rages sociales.
Couvrons les friches industrielles
du drapeau noir de nos amours
pour que s’échappent les hirondelles
de l’amiante et des vautours.
Au pied de la tour de Belèm
Danse le diable qui est en toi
Dans une chorégraphie charnelle
Sous le regard du Christ Roi
Les flots d’or des eaux du Tage
Balayés par le cri des mouettes
Soleil esquisse en un mirage
Le contre-jour de ta silhouette
Échouée lascive sur le rivage
Goûtant la chaleur lisboète
Une grande Histoire et ses séquelles
Aux pieds des façades moroses
Ruelles de pavé s’entremêlent
Enjolivées d’azulejos
Dans l’inepsie synthétique
des considérations politiques
Dans le tumulte d’une conscience
tuméfiée de méfiance
Dans l’inutilité systémique
des réactions épidermiques
Dans le tourbillon temporel
des modes informelles
Dans l’épouvantable cinétique
du progrès automatique
Dans l’excès, la surenchère
le tout sécuritaire
Dans l’effroyable mécanique
du bulldozer économique
Dans la croissance fondamentale
et ses conséquences environnementales
Dans la logique arithmétique
des apoticaires hypothétiques
Dans les efforts de guerre
à caractère pseudo-humanitaire
Dans l’affreuse signalétique
de la déchetterie cathodique
Dans le poids d’une vie
des trottoirs de Paris à Conakry
Dans l’influence machiavélique
des cercles iconocentriques
Je suffoque, et cherche l’oxygène.
Atomes et neurones atones
Valsent et tourbillonnent
Au bal des synapses et axones
Règne la testostérone
Ce regard insistant marquant
Chacun de tes déhanchements
La grande parade des vilains
Au pied de ta chute de reins
Oeil lubrique emprisonné
Dans l’échancrure d’un décolleté
Jusqu’à risquer l’infirmité
D’une rétine décollée
Atomes et neurones atones
Valsent et tourbillonnent
Au bal des synapses et axones
Règne la testostérone
Merci :)
Les rêves des enfants tziganes
Bordent de cartons et couvertures
La rue du faubourg Saint Antoine
Rongeant les anges d’engelures
Petites étoiles de Grands Boulevards
Dénuées de simples lampadaires
Abritent ce qui ne peut se voir
Dans la capitale des Lumières
Mais c’est la course, mais c’est la crise
Mais c’est la bourse qui nous l’a prise
Cette Humanité sous emprise
D’avarice et de gourmandise
Puisses tu dormir d’un froid polaire
La pâleur des néons austères
Le sourire forcé de la Misère
Glaçant le visage de ton père.
Des regards, des code-barres
Des barbes, des barbares
Une Histoire à tiroirs
Du blanc du noir… et mon pétard.
Paralysé d’une voie lactée
De parasites empiriques
Des vérités dramatisés
Et ton éthique… sur un trottoir.
Des sourires hypothétiques
Modélisés en statistiques
Pour se mentir au bon vouloir
D’une progression… illusoire.
Des courbes machiavéliques
Et des signes ostentatoires
Des dortoirs de la République
Et l’hystérique… à nos mémoires.
Du fric, du sexe, de la gloire
de l’Afrique et des déboires
Un grand moratoire numérique
Un alambic… et mon pétard.