Je ne suis pas une exception, je suis la masse et mes champignons.

Je croyais maitriser le verbe, être cultivé, je ne suis qu’anal-phabète, sans diabète (?), prétentieux en chaussettes trouées. Les orteils qui dépassent dévoilant la crasse de mon intimité, de pilosité en mycosité, la peau arrachée et les ongles rongés d’ennuis dans des chaussures trop serrées, bien à l’ombre sous le bureau de mes lamentations. Se tourner vers dieu pharmacien et ses labos en bourse, apaiser mon malaise de crèmes et de foutre, et combler mon ignorance par le vide de l’appartenance. Homéopathie intellectuelle, surtout pas trop d’un coup, procédons par petites touches, ménageons mes méninges, du vaccin la souche est dans le sang des singes. Élevage industriel entre nos doigts de pieds, notre liberté coincée dans de trop chers souliers, vernis et éclatants mais beaucoup trop serrés. Cultive l’âme et la terre ou crève dans ton vomis, consommateur pourri, gavé de Vache Qui Rit, Patchamama te nourrit mais n’aura bientôt plus la force de supporter ta merde et ton mépris.


Canicule et Mafia

Le soleil au zénith, pour un coup de soleil sur la chauvitude innocente du ministre des finances. Coup de chaud sur le crâne de tout les amalgames, pouvoirs publics, fortunes privées, la belle éthique à l’UMP, la république des friqués. Une Mafia à la Présidence, des médias en décadences, les procureurs sont dans la danse, tout le monde dans la connivence, vous y gouterez si vous savez garder silence et confidences.


Changement de peau

Ca y est mon blog à muer. Il parle désormais comme un homme, vous savez de ceux qui en ont, qui pissent plus loin que leurs voisins, ceux qui suent la vulgarité du monde de leurs pores obstrués de graisses de synthèse hybrides entre monde végétal et animal. Ceux qui depuis la nuit des temps violent terres, femmes et enfants, pour la futilité d’un honneur d’apparat. Droit devant dieu, le regard bas devant l’Humanité. Ceux qui spéculeraient sur le cul de leur mère, qui ont mis leur âme en bourse, corrompu leur cerveaux, qui guident leur vie à la torche blafarde de la croissance économique, qui orientent leurs idées grâce aux positionnements célestes des 51 étoiles du drapeau du monde, du monde libre, développé, occidental, multinationalisé jusqu’à l’os.

Fini le temps des idéaux naïfs, mon blog se fait pragmatique, centré sur ses propres problèmes, cynique, ironique, mon blog a grandi, c’est devenu un adulte occidental, avide de justice et d’égalité mais terriblement assoiffé de Coca-Cola. Il a pris des poils aux couilles, et des habitudes consuméristes éco-assassines.


Il était le reflet de mon âme - R.I.P mon Asus F3JM


La Sidération

Stupeur. Alors que mon OM 2012-2013 caracole en tête de la Ligue 1, que Neymar et Eden Hazard enflamme ma coupe d’Europe virtuelle des coachs du dimanche, bref, alors que j’excelle dans ma partie de Football Manager 2010, soudain, mon écran se strille de fines diagonales rouges… Le choc durera plusieurs secondes, jusqu’à ce qu’un clignotement inquiétant vienne me confirmer mes pires effrois. Il est en train de me lâcher.


Le déni

Mais non, il peut pas, il a pas le droit. Me laisser seul comme ça, interrompre sans crier gare un OM-Lille des plus fameux… Mais c’est pas possible, je vais rebooter ca va musser, allez c’est qu’un mauvais rêve… Il va pas me lâcher là maintenant, 4 ans après. Avec son hygiène de vie il aurait du finir centenaire, la bombe à air comprimée anti poussière, les lingettes nettoyantes sans solvant…


La colère

Non mais forcément faut qu’il me plante maintenant. Tu parles, ça vaut le coup d’en prendre soin. Tu comptes sur lui, tu lui bichonnes un Ubuntu personnalisé à souhait, adapté à toutes ces caractéristiques, tu lui donnes tout l’amour qu’un homme peut donner et voilà… Cet enfoiré me lâche en plein match important. Je fais comment moi maintenant? je joue à la marelle? je surfe avec mon n95? On peut vraiment pas compter sur des composants électriques.


L’abattement

On avais tout fait tous les deux, et il me laisse seul. Comment je vais me relever? Compiz et les merveilles du monde libre, c’était avec lui. Les nuits sur FM en réseau, c’était avec lui. Il était le reposoir naturel de mes doigts fins qui s’agitaient, en harmonie avec les plastiques qualiteux taïwanais. Il était l’Outil, comme Néo est l’Élu, avec une dalle en 1640*1050 pour un 15”4.


La résignation

De toute façon fallait s’y attendre. 4 ans d’efforts quotidiens, sortir du sac, ouvrir, replier, remettre dans le sac, trimballer etc. Ca use. Même les plus robustes et méritants. Même les G-Force 7600. Il en a vue de la bande passante et de la bidouille, de l’aptget, et même des ghosts de partitions avec Partimage. Ce n’était pas mon tout premier, j’ai connu avant d’autres conquêtes, mais je dois bien l’admettre… c’était ma plus belle histoire.


L’acceptation

Pffff voilà ça devait arriver et c’est arrivé. Il faut bien admettre que je ne l’ai pas épargné, faut dire que je lui en ai demandé des choses. Sans arrêt, il fallait que je sache, que je suive cette actualité débordante des nouvelles technologies et tout cette activité commerciale et mensongère qui s’en suit. j’étais exigent, il ne me décevait pas, lui, avec ses 2Go de RAM. Ne retenons que les bons moments, et qui sait dans quelques jours, arriverais je peut être à l’oublier, avec dans mes bras un Vaio taillé sur mesure.



Charnière temporelle.

Comme s’il était temps de devenir vieux. De ces instants clé qui vous renvoient dans le nez tout le poids des années passées, que l’on pensait pouvoir laisser couler sans même s’en soucier. Se faire rattraper par la course du temps, qui va plus vite évidemment que mes amours et mes serments, que mes errances, mes pas de géant.

Lâcher du leste pour s’élever, et découvrir de là haut des horizons nouveaux, dans le baluchon nos souvenirs et l’émotion de franchir un cap vers une nouvelle étape, le demi tour est interdit et les regrets sont fortuits.


Remue-ménage

Ça déménage, ça prend de l’age, ça envisage, ça devient sage. Tout ce remue-ménage me remue les méninges, mes neurones dans leur cage ne cessent de faire les singes. Mon navire prend le large sous de denses nuages, gardant une place au port de mes souvenirs d’enfant, coloriant ses images de mes ressentiments, mêlant mélancolie et goût de “reviens y”.

Des visions qui défilent au gré des cartons qui s’empilent, de ces sensations se distille l’émotion infantile qui teinte de passion cette vie qui s’éfile au fil du temps qui passe, des évènements qui me dépassent.


Ecrire…

Écrire sa rage de souffrir, son envie d’en finir, écrire, pour un cœur qui chavire, pour retrouver le sourire, écrire, écrire à en mourir, écrire pour travestir une vérité qui tire au flan des satyres, écrire, des vers de cachemire pour le temps d’un soupir pouvoir croire en l’avenir. Écrire, pour mieux ressentir, pour éviter le pire, pour se permettre de dire ce qu’on n’oserait gémir. Écrire, écrire pour définir, écrire pour en rire, écrire, pour bâtir un empire aux barrières de saphir ou rêves et délires permettent de s’enfuir, écrire, écrire pour grandir, écrire pour adoucir les angles qui s’étirent. Écrire pour mentir, écrire pour nourrir des idées à construire, écrire, pour prêcher le martyr, écrire comme l’on tire juste et sans faillir sur les âmes à maudire dans notre ligne de mire, écrire pour salir, pour soulever des menhirs. Écrire, comme une lettre à élire la reine des lettres à lire. Écrire. A en mourir.


Un “Je” dans la masse…

Un parmis tous, qui tousse et vomis son malaise de paraitre au détriment d’être. Se faire une place dans la masse, être autre chose qu’une ombre, qu’un chiffre, qu’une ligne dans une base de données, qu’un profil client bien ciblé.

Je ne suis pas qu’un standard segmenté dans une étude de marché.

Un “Je” dans la masse, mon jeu dans la crasse.


Morts aux cons, quel avenir pour les croques morts.

Combien de vies gâchées pour payer un loyer ? Combien de temps perdu, de liberté souillée… et combien s’épanouissent quand tant d’entre eux croupissent, suffoquant tant bien que mal de l’air climatisé. J’en fais des kilomètres au fin fond de ma tête quand mon cul reste vissé sur ce fauteuil Hi Tech, je l’incline je le baisse je tire toutes les manettes pour voyager en paix sur mon beau destrier monté sur cinq roulettes. Un écran sous Windows comme abstraction du vide que mes yeux fixent, livides, sans même le regarder, quand l’esprit lâche du leste pour pouvoir s’envoler, vers des cieux toujours bleus où jamais il ne pleut… Où l’on ne connait rien du travail… J’en appèle à la nonchalance, au mépris des fausses valeurs asservissantes, à la désinvolture et au jemenfoutisme.

A regarder vos chefs avec le sourire, de celui qui jamais ne s’laissera avilir. Que vous n’êtes pas dupes de ce monde hypocrite. Que nous ne sommes que pions au milieu de leurs enjeux… Que nos vies se dessinent en conseil d’administration où la croissance assassine morale et émotions. Oppressions bancaires, tortures sociales, crimes économiques… Des flics dans les cours d’écoles mais libre court aux marchés, c’est le cours de la bourse qui sera notre courroux. Notre ennemi n’est pas l’étranger ou le différent, mais tous ceux qui nous cachent ce qui se passe vraiment.


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