Charnière temporelle.

Comme s’il était temps de devenir vieux. De ces instants clé qui vous renvoient dans le nez tout le poids des années passées, que l’on pensait pouvoir laisser couler sans même s’en soucier. Se faire rattraper par la course du temps, qui va plus vite évidemment que mes amours et mes serments, que mes errances, mes pas de géant.

Lâcher du leste pour s’élever, et découvrir de là haut des horizons nouveaux, dans le baluchon nos souvenirs et l’émotion de franchir un cap vers une nouvelle étape, le demi tour est interdit et les regrets sont fortuits.

Remue-ménage

Ça déménage, ça prend de l’age, ça envisage, ça devient sage. Tout ce remue-ménage me remue les méninges, mes neurones dans leur cage ne cessent de faire les singes. Mon navire prend le large sous de denses nuages, gardant une place au port de mes souvenirs d’enfant, coloriant ses images de mes ressentiments, mêlant mélancolie et goût de “reviens y”.

Des visions qui défilent au gré des cartons qui s’empilent, de ces sensations se distille l’émotion infantile qui teinte de passion cette vie qui s’éfile au fil du temps qui passe, des évènements qui me dépassent.

Ecrire…

Écrire sa rage de souffrir, son envie d’en finir, écrire, pour un cœur qui chavire, pour retrouver le sourire, écrire, écrire à en mourir, écrire pour travestir une vérité qui tire au flan des satyres, écrire, des vers de cachemire pour le temps d’un soupir pouvoir croire en l’avenir. Écrire, pour mieux ressentir, pour éviter le pire, pour se permettre de dire ce qu’on n’oserait gémir. Écrire, écrire pour définir, écrire pour en rire, écrire, pour bâtir un empire aux barrières de saphir ou rêves et délires permettent de s’enfuir, écrire, écrire pour grandir, écrire pour adoucir les angles qui s’étirent. Écrire pour mentir, écrire pour nourrir des idées à construire, écrire, pour prêcher le martyr, écrire comme l’on tire juste et sans faillir sur les âmes à maudire dans notre ligne de mire, écrire pour salir, pour soulever des menhirs. Écrire, comme une lettre à élire la reine des lettres à lire. Écrire. A en mourir.

Un “Je” dans la masse…

Un parmis tous, qui tousse et vomis son malaise de paraitre au détriment d’être. Se faire une place dans la masse, être autre chose qu’une ombre, qu’un chiffre, qu’une ligne dans une base de données, qu’un profil client bien ciblé.

Je ne suis pas qu’un standard segmenté dans une étude de marché.

Un “Je” dans la masse, mon jeu dans la crasse.

Morts aux cons, quel avenir pour les croques morts.

Combien de vies gâchées pour payer un loyer ? Combien de temps perdu, de liberté souillée… et combien s’épanouissent quand tant d’entre eux croupissent, suffoquant tant bien que mal de l’air climatisé. J’en fais des kilomètres au fin fond de ma tête quand mon cul reste vissé sur ce fauteuil Hi Tech, je l’incline je le baisse je tire toutes les manettes pour voyager en paix sur mon beau destrier monté sur cinq roulettes. Un écran sous Windows comme abstraction du vide que mes yeux fixent, livides, sans même le regarder, quand l’esprit lâche du leste pour pouvoir s’envoler, vers des cieux toujours bleus où jamais il ne pleut… Où l’on ne connait rien du travail… J’en appèle à la nonchalance, au mépris des fausses valeurs asservissantes, à la désinvolture et au jemenfoutisme.

A regarder vos chefs avec le sourire, de celui qui jamais ne s’laissera avilir. Que vous n’êtes pas dupes de ce monde hypocrite. Que nous ne sommes que pions au milieu de leurs enjeux… Que nos vies se dessinent en conseil d’administration où la croissance assassine morale et émotions. Oppressions bancaires, tortures sociales, crimes économiques… Des flics dans les cours d’écoles mais libre court aux marchés, c’est le cours de la bourse qui sera notre courroux. Notre ennemi n’est pas l’étranger ou le différent, mais tous ceux qui nous cachent ce qui se passe vraiment.

Réfléxion post temps libre.

Ce qu’il y a de nul dans les vacances, c’est que ca se termine. Et que la date de début des suivantes n’a rien à voir avec ces “jours à venir”, ce futur proche du quotidien routinier qui vient s’abattre sur votre bonne humeur de vacancier libre et insouciant.