je songe, je rêve, ca m’ronge, j’en crève
j’ai mal au ventre ca m’prend les tripes
le cerveau entre différents trips
à trop penser on s’bouffe les doigts
sérénité, confiance en soi
mes idéaux volent en éclats
sur le tranchant d’une dague en bois
tenue par l’amour ou la haine
on en revient toujours au même
à comprendre que l’Humanité
n’rime plus avec réalité
que les intérêts de chacun
passent avant l’intérêt commun
que l’éthique sombre dans l’oubli
aux prix de quelques flatteries
on a ringardisé l’altruisme
au profit de l’égocentrisme
généralisé le mépris
en se proclamant tout permis
quand le mensonge évangélise
c’est notre avenir qui s’enlise
et quand le monde va de travers
on préfère revenir en arrière
j’ai mal au monde, mal à la vie
la plainte des enfants maudits
victimes passives et endormies
désenchantement sous Sarkozy
j’ai mal au coeur et aux artères
et peur d’ouvrir mes paupières
avec en voile sur les yeux
la crainte de devenir vieux
avant d’avoir fait quelque chose
de ces années pas toujours roses
où j’étais jeune et convaincu
amoureux pas encore déçu
je songe, je rêve, ca m’ronge, j’en crève.
Par chezkaio on 05th Fév 2010
Songeur (Deux ans en arrière)
Par chezkaio on 28th Jan 2010
Le poids de nos vie face à l’Histoire
Poser des mots sur un ressenti, pour, dans l’écho de nos souvenirs, faire résonner plus fort l’empreinte de l’instant.
Pour se comprendre, et s’admettre, tel qu’on se voit, tel que l’on est, tel qu’ils nous voient et nous jugent, ces regards posés, sans pitiés, charognards sur la dépouille de notre confiance en soi.
Barrière de notre intime perception, protectrice, mais trop possessive, une provocation pour blinder d’acier le cœur même de notre mémoire alambiquée.
Des lettres comme soldats, un texte comme armée, disciplinée, au service de mon égocentrisme et de mon contentement individuel. Des mots comme concrétisation abstraite de l’idée, à l’égal d’un idéal, l’expression d’un message, d’un signal, grammaticalement agencés afin d’être compris, transmis. De gravure en écriture, la trace laissée est le seul poids de nos vie face à l’Histoire.