Fracassé sur le tombeau doré d’une croissance encore fumante

Dans le Laguna break France Info déroule le fil d’une morosité accablante. La mine déconfite du cadre autrefois dynamique s’obscurcit à mesure que les hectomètres de bitume le rapproche de son placard en aluminium brossé, entre les bruyantes imprimantes et la machine Selecta au brouhaha de réflexions aussi douteuses que son jus de chaussette.
Ca fait longtemps déjà que l’autoradio a perdu l’habitude des bonnes nouvelles, ou même du swing d’un morceaux de musique devenu trop loin souvenir, quand l’insouciance laissait encore une porte ouverte à l’envie d’y croire.
Les radars automatiques s’enchainent sur les rives d’un périphérique saturé d’aigreur et de gaz d’échappement. Tout semble lui échapper, comme une fuite en avant à la vertigineuse vitesse du temps. Connait il vraiment ces deux enfants? et sa femme, a t elle pris un amant? Ce sourire récent comme si elle, elle y avait repris gout. Les doux rêves d’une famille, un joli domicile dans un quartier tranquille, un bout de jardin et un petit chien… Équilibre fragile, vouée à la rupture, sous l’influence malveillante des fluctuations mercantiles. Il ne lui manquait pas grand chose, pas grand chose pour être heureux… Aujourd’hui à genoux, fracassé sur le tombeau doré d’une croissance encore fumante. Il ne pense plus qu’à sauter… et enfin la légereté… la liberté.

Journalisme, j’écris ton nom

A l’heure de Twitter, du mass-média, du tout images et de l’écran roi, la priorité n’est plus d’informer mais d’attirer à soi la quantité de voyeurs, au détriment de la qualité d’analyse. On fabrique un évènement, en démonte un autre, on brasse du vent évidemment, dans le sens des annonceurs. Les diffuseurs eux, appartiennent aux puissants, et servent les puissants. Les réseaux, quels qu’ils soient, doivent être sous contrôle, sous l’emprise douanière du bien pensant et des cerbères lieutenants de la République bancaire. Les flux doivent être contenus, à tout prix, en tout sens.

On accorde l’information sur le mi bémol du violon, la corde mielleuse de l’émotion et du touche au coeur par la peur. L’accident devient l’évènement, à en oublier qu’il n’est que conséquence d’un dérèglement. De l’accroche, il faut soigner l’approche et se remplir les poches. Le contenu, doit il nécessairement être lu? L’important? Que le logo du partenaire ait accroché la rétine que le lecteur, con comme une carpe, morde à l’hameçon des illusions, appâté par la une et dompté par la pub.

Ne pas s’aventurer à éclaircir les points de vue, se contenter d’obscurcir les doutes. L’information ne doit pas ébranler la soumission et l’infantilisation.

Ne nous méprenons pas, Wauquiez nous méprise.

Dans la stimulation calculée de nos individualisme, dans cet élan de haine, dans cet acharnement à opposer les français aux français, marquant de l’empreinte de Machiavel le sourire perfide de Jean-François Coppé et les poignées de mains hypocrites d’un président en campagne plutôt qu’au travail.

Hortefeux, Guéant, après le bulldog mal éduqué et le berger allemand discipliné et soumis, c’est au tour du caniche d’aboyer. Wauqiez fait ouaf de tout bois, et les droites de tous poils reprennent en coeur, le bichon Lefebvre ne va pas tarder à pointer son nez sous le portail de fer forgé, quand la chienne de la voisine du front d’en face agite déjà la queue en bavant d’impatience.

Une horde de klébars, enragés d’ambitions et assoiffés du pouvoir des riches pour les riches, qui n’ont plus pour moral que le puits sans fond du vide où se perdent à jamais les idéaux humanistes et sociaux des Lumières de Jadis, confinés désormais dans un chapitre de quatre pages, dans un manuel d’histoire colorié aux goûts qu’ils veulent leur donner. A genou devant les grandes fortunes pour un nonos à ronger, à 21K€ mensuel.

Ne nous méprenons pas, Wauquiez nous méprise.

Un monde en crise

Crise économique, crise sociale, crise financière, crise morale, crise idéologique, crise énergétique, crise climatique, crise nucléaires, crise diplomatique, crise écologique… C’est La Crise mec! et c’est la faute à qui? Aux noirs et aux arabes? Oui, sans aucun doute. Ce doit être eux qui engloutissent les 12 milliards de bénéfices annuels de Total. Ce doit être eux qui ont construit la centrale de Fukushima. Ce doit être eux les subprimes et la spéculation. Ce doit être eux qui se gavent de parachutes dorés. Ce doit être eux tout ça… La course à la croissance nécessite régulièrement une crise, ou une guerre, pour repartir de zéro, mais ça, ce doit être encore de leur faute aux noirs et aux arabes.

Un monde en crise, mais un petit village d’irréductibles fortunés résistent encore et toujours…

Ce n’est plus un complot, c’est une organisation d’Etat

Sur le tobogan des stratégies populistes et hypocrites, le débat à glisser bien bas, précipité par la poussé nationaliste des trompés du JT, frustrés envieux qui jalousent à tort le sort des autres à défaut de se battre pour le leur. Guidé par un pied de nez, responsabilités transfusées de l’évidence à la méfiance, aux clichés archaïques stigmatisant les différences.
Le débat gis désormais, dans la flaque boueuse des considérations haineuses, remuées à souhait par les agitateurs gouvernementaux aux services des grandes fortunes, bien au sec à l’abri des coffres suisses et luxembourgeois. Ce n’est plus un complot, c’est une organisation d’Etat. Le pouvoir de l’argent et l’argent du pouvoir dans un shaker. Lobbys industriels criminels (agro-alimentaires, pharmaceutiques, militaires, pétroliers…) irresponsables et déresponsabilisés, hommes d’Etats avides et vides de toute conscience humaine, ensemble à l’apéro dinatoire des inégalités sociales, c’est la curée du diable, l’orgie des déséquilibre mondiaux, le gavage sans scrupules des efforts d’autrui.

Au Palais des idées, le parquet est rayé.

Déserté de toutes convictions, constatons aujourd’hui la mort de toutes vies politiques, engagements, choix de société, orientation idéologique, intégrité intellectuelle et philosophique, nous ne pouvons que noter en ce sens l’absence d’enseignement de ces définitions caduques et dépassées, plus de place pour l’utopie dans nos éducations.
Place à la mascarade électorale perpétuelle et permanente, à la supercherie théâtrale de la mise en scène de nos drames quotidiens, du consentement de principe, de la préoccupation d’intérêt, à l’opportunisme avare et ambitieux, au totalitarisme lobbyiste industriel, à la prostitution de toutes valeurs humaines. Pouvoir fictif aux pantins menteurs, au gré des humeurs des financiers sans coeur. Masses productrices vampirisées à rassasier les estomac d’ogres de l’aristocratie bancaire et monétaire, subtilement contentées par sa docilité, hochant la tête sur le beat formaté du dernier tube (de dentifrice) de Lady Gaga.
Au Palais des idées le parquet est rayé, et les tapisseries tachées du sang de l’humanité, violée en ce lieux depuis des années.